AXE 2

 Perception, cognition, cerveau, et comportement

 Responsables: Thomas Deroche et Edith Filaire

L’objectif de cet axe est d’étudier, à travers une approche multidisciplinaire, quelles sont les réponses bio-psycho-sociales des personnes lorsqu’elles font face à des situations potentiellement menaçantes, ou lorsqu’elles s’engagent dans des interactions avec autrui, qu’il soit réel ou artificiel. Une attention particulière est portée à l’existence d’une variabilité interindividuelle dans ces réponses et à la définition de ses déterminants.

Ces enjeux participent à la Thématique n°3 (Interaction sociale et communication) de FéDeV.

 2.1. Détection du stress et stratégies d'adaptation émotionnelle

Les déterminants de l’adaptation émotionnelle à des situations stressantes (contexte de performance, conditions extrêmes) ont fait l’objet d’une étude multidisciplinaire dans le cadre du projet ANR COMPARSE, coordonné par le CIAMS. Une tâche de prise de parole en public adaptée du  « Trier Social Stress Test »  nous a permis de distinguer des profils psychologiques favorables à la performance (extraversion, affect positif, évaluation de la situation comme un challenge, coping fonctionnel) des profils défavorables (névrosisme, alexithymie, état et trait d’anxiété, affect négatif, évaluation comme une menace et coping dysfonctionnel) (Hua et al. sous presse). Par ailleurs, les résultats entre la performance objective et les mesures multidisciplinaires du stress (physiologie, voix, posture, mouvements) mettent en évidence une association négative entre le ratio cortisol/DHEA et la performance objective, en lien avec un coping dysfonctionnel et des états émotionnels négatifs (Hua et al., 2014).

En collaboration avec IBM (thèse Cifre et d’un post-doc) et avec le LIMSI (réalité virtuelle), nous travaillons actuellement à la création d’un programme de prévention du stress en fonction de profils spécifiques (profils de personnalité, sensibilité émotionnelle) et de typologie de stress. Deux études sont en cours (IBM France, Doctorants Paris-Saclay).

2.2. Formation d’impressions sur autrui, et interaction homme-machine

 Cette thématique étudie comment et sous quelles conditions chaque individu se construit une représentation d’autrui, i.e., de ses émotions et de ses intentions, à partir de ses comportements. Une attention particulière est donné aux processus cognitifs à l’oeuvre pour construire cette connaissance d’autrui (e.g., théorie de l’intégration de l’information, IIT, Anderson, 1981, 1996), à leurs bases neuro-physiologiques, et à l’existence de différences interindividuelles dont il s’agit d’apprécier les déterminants. En référence à l’IIT il a été montré qu’il existe une variabilité interindividuelle dans la règle algébrique (addition, multiplication, etc.) utilisée pour combiner l’expression du visage d’autrui avec les informations de mouvement corporel pour juger de l’effort (Prigent et al., 2014), la douleur (Courbalay et al., 2015), ou la performance d’autrui (Prigent et al., 2015).

Il est également examiné dans quelle mesure les impressions formées sur autrui et certaines caractéristiques individuelles modulent les comportements en direction d’autrui, e.g. les comportements prosociaux (Courbalay, et. al., 2015), l’attention conjointe (Deroche et al., In press) chez l’homme, comme en direction de robots expressifs (Tsalamlal et al., 2015). Sur ce dernier point, en collaboration avec l’U2IS (ENSTA) et le LIMSI (CNRS), des études portent sur le profilage visuel et proprioceptif de personnes souffrant de troubles du spectre autistique pour l'élaboration d'interactions homme-robot (NAO) adaptées en vue d’améliorer leurs capacités d’interaction sociale (Chevalier, et al.  2015).

 

 

Exemples de flexions du tronc de personnes saines (A) vs. lombalgiques (B) couplées avec des expressions faciales de douleurs manifestes et d’intensités croissantes (D-F) ou latente (C)  (Courbalay et al., 2015).

 

La force d’un serrage de main est combinée avec l’expression faciale afin de se faire une impression sur le robot MEKA (Tsalamlal et al., 2015).